10 août 2012

La part de l'autre


Auteur: Éric-Emmanuel Schmitt, Genre: Contemporain, Pages: 503

Résumé: 8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde..."

Mon avis: Un mot ? Ouaw ! Je referme à peine ce livre et j'éprouve déjà l'envie d'en écrire l'article. Tellement d'émotions s'entrechoquent dans mon esprit et je préfère vous donner mon avis dans ces conditions, "à chaud".
L'auteur nous explique, à la toute fin du roman, que beaucoup de ses lecteurs avaient été choqués en  se reconnaissant parfois dans le personnage d'Hitler. Ça n'a pas été mon cas. En effet, cela fait bien longtemps que j'ai assimilé l'idée qu'Adolf Hitler, avant d'être un monstre, un fou, le symbole de la cruauté, était avant tout un homme. Donc, bien que dérangée à certains moments, cela ne m'a pas réellement choqué. Non, en ouvrant ce livre, ce que je voulais c'est comprendre. J'ai toujours pensé que l'homme ne naissait pas avec une personnalité établie, fichée, dictée mais se construisait par ses souvenirs, son expérience, son éducation, ses chocs. Et cette vie parallèle que nous propose ici l'auteur m'a paru tout à fait probable, nous présentant Hitler tantôt comme l'être méprisable qu'il était, une biographie apparemment très approfondie par l'auteur, tantôt comme ce qu'il aurait pu être en étant pris aux Beaux-Arts, un homme simple et attachant. Double vie qui étaye ma théorie. Ce que je voulais donc comprendre dans ce livre, c'est comment ? Comment un être humain, ordinaire et normal de naissance, a pu développer cette personnalité terrible qui a causé tant de souffrance ? Comment un homme constitué de deux bras, deux jambes, un cerveau, un cœur est-il devenu ce qu'il est devenu ?
Au fil de ma lecture, je me suis sentie légèrement nunuche: à la fois écœurée devant l'histoire véritable d'Hitler, et ravie devant la vie fictive d'Adolf. L'auteur a su peindre une histoire tout à fait plausible sans caricaturer le "bon" du "mauvais" de ce personnage malheureusement historique. Et bien que fataliste sur notre réalité, c'est aussi un message d'espoir: l'homme ne nait pas mauvais, il nait simplement humain.
Mais, conclusion: l'auteur a-t-il réussi à me faire comprendre comment Adolf est devenu Hitler ? Je le crois bien .. Ce n'est qu'une théorie, Schmitt n'a pas connu Hitler et ne peut donc pas possédait une vérité absolue dans son roman, mais je pense avoir réussi à cerner ce personnage. J'étalerai bien toute ma prise de conscience dans cet article mais je ne voudrais pas vous spoïler. Alors je ne peux que vous conseiller vivement de lire ce livre, de décortiquer sans état d'âme celle de ce dictateur et de comprendre le fonctionnement de l'humanité.

Ma note: 5/5

Citations: Avec bonté, Freud assistait à la deuxième naissance de ce garçon. [...] un adolescent s'était couché sur son divan, un homme s'en relèverait. Un spectre disparaissait, le spectre de ce qu'aurait pu être Adolf Hitler sans thérapie. "Un malheureux sans doute, pensa Freud, un criminel peut-être. Qui sait ? Allons, ne nous flattons pas trop."
• Ils pouvaient devenir camarades, mais plus amis; camarades car la camaraderie n'est que le partage d'une situation commune; plus amis car l'amitié suppose qu'on s'aime pour ce qu'on a de différent non pour ce qu'on a de commun.
• "- Le problème de l'homme c'est qu'il s'habitue à tout.
- Tu crois ?
- On appelle même ça l'intelligence."
L'homme et la femme ne s'aimeront jamais aussi authentiquement que deux amis parce que leur relation est pourrie par la séduction.
• Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n'a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix.

30 juil. 2012

Le Petit Prince


Auteur: Antoine de Saint-Exupéry, Genre: Jeunesse & Philosophie, Pages: 105


Résumé: Lorsque son avion s'écrase dans le désert, notre narrateur n'a que quelques jours pour le réparer avant que ses réserves d'eau ne s'épuisent. C'est alors que survient ce petit bonhomme, le Petit Prince, sorti de nul part et qui lui dit: "S'il vous plaît ... Dessine-moi un mouton !"

Mon avis: Encore une fois, un culte que je n'avais encore jamais lu et que je me faisais un devoir de découvrir. C'est un petit conte qui raconte l'histoire d'un petit homme curieux et courageux, venu d'une autre planète et qui ne répond jamais aux questions. J'ai été vraiment touché par cette courte lecture et par ce personnage qu'est le Petit Prince: l'atmosphère qui se dégage de ce livre nous plonge dans une douce mélancolie qui donne envie de contempler les étoiles. De plus, mon édition était accompagné des esquisses de l'auteur, qui renforçait d'autant plus cette mélancolie. L'auteur ici montre la stupidité du monde des adultes perdus dans leurs chiffres et leur ignorance. Tout ça vu par les yeux de cet enfant, c'est une réelle réussite ! Merci pour ce doux moment Monsieur de Saint-Exupéry. :)

Ma note: 4.5/5

Citations: "Les hommes ? [...] on ne sait jamais où les trouver. Le vent les promène. Ils manquent de racines, ça les gène beaucoup."
"Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux."





Et ça ? Qu'est-ce que c'est ? :)

28 juil. 2012

La ballade de l'impossible


Auteur: Haruki Murakami, Genre: Contemporain & Drame, Pages: 446

Résumé: Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles: Norwegian Wood. Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime aussi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît...

Mon avis: Cela faisait bien longtemps que je voulais lire Murakami, et que ce roman s'impatientait dans ma Pile à Lire. Mais avant de me lancer dans cette petite brique de 450 pages, j'avais commencé par lire une petite nouvelle de cet auteur tant reconnu au Japon et en Occident: Sommeil, l'histoire d'une femme n'arrivant pas à dormir pendant dix-sept nuits (pour faire rapide). J'avais aimé l'écriture, les pensées vraiment profondes et les références culturelles de Murakami et m'étais donc lancée sans trop d'inquiétude dans La ballade de l'impossible. Et quel merveilleux voyage !
On suit le chemin semé d'embûches de Watanabe, personnage mystérieux et solitaire, de Naoko, jeune fille naïve et brisée, de Reïko, femme courageuse et réfléchie, de Nagasawa, imperturbable et égoïste, et tant d'autres ! Des personnages extrêmement bien travaillés par l'auteur, qui essaie de s'en sortir dans un monde parfois cruel où la mort semble être à la fois la cause et la solution de bien des souffrances. J'ai tout bonnement adoré de me plonger dans les pensées de Watanabe qui essaie simplement de trouver un peu de stabilité à sa vie, et pourtant ça n'a pas été une lecture facile. En effet, c'est un drame. Dans ce monde aussi représentatif du notre, on se rend compte que les happy end n'existent pas et il m'ait régulièrement arrivé durant ma lecture d'être triste, dérangée et fatiguée de toute la souffrance que dégage ce roman: la recherche du bonheur est réellement une ballade de l'impossible. Je referme aujourd'hui cette histoire avec soulagement et admiration, et je ne manquerai pas de continuer ma découverte de cet auteur formidable. C'est un coup de cœur, et peut-être le début d'une histoire d'amour avec Haruki Murakami.

Ma note: 5/5


20 juil. 2012

Des cornichons au chocolat


Auteur: Philippe Labro, Genre: Contemporain, Pages: 251

Résumé: Stéphanie a 13 ans, un chat confident nommé Garfunkel, du culot, des problèmes - parmi lesquels ses mauvaises notes à la Ferme (le lycée) et la mésentente de ses parents - un goût discutable pour les sandwiches aux cornichons et au chocolat, une vision dérangeante sur les adultes et un style et une verve inimitables. Résumé trouvé sur Livraddict.

Mon avis: Il faut avant tout savoir que la parution de ce livre s'est faite sous le pseudonyme de Stéphanie, et non sous le vrai nom de l'auteur. Philippe Labro a souhaité gardé l'anonymat durant quelques années pour que tout le monde pense que cette histoire ait réellement été écrite par une fille, l'héroïne. Je peux d'or et déjà féliciter l'auteur car il a vraiment réussi à se mettre dans la tête d'une adolescente de 13 ans, pleine de questions, de problèmes, de changements. Je ne pense pas que tout le monde soit capable de faire ça et c'est un pari réussi car, même si l'expérience de l'adolescence est toujours différente pour les uns et les autres, j'ai tout de même réussi à me retrouver dans certains des conflits intérieurs que Stéphanie doit affronter.
Ce livre a déjà plus de 30 ans, alors c'était amusant de voir que les santiags étaient encore à la mode et que la pointe de la technologie c'était le walkman mais l'histoire en elle-même est indémodable. On se rend finalement compte que pour toutes les générations, les problèmes de l'adolescence restent les mêmes et que ce n'est que le processus normal de l'arrivée vers l'âge adulte: la rébellion, les conflits avec les parents qui amènent souvent un dégoût et une incompréhension du "monde des grands", les changements du corps, l'amour. C'est un livre à la fois simple et profond que je conseille à toutes les mamans qui ne comprennent pas, qui ont oublié ce qu'était l'adolescence, et à toutes les jeunes filles qui se sentent seules et perdues car finalement, c'est la même chose pour nous toutes ! :)
L'histoire en elle-même n'a rien d'extravagant, est heureusement car ça la rend plus authentique, plus proche de notre réalité. Mais je dois avouer qu'on ne devine à aucun moment la fin de l'histoire. Après tout, peut-on réellement donner une fin précise à l'adolescence ?

Ma note: 4/5